L’alliance de Bioversity International et du CIAT, avec le financement de la Fondation Biovision Suisse, a mis en œuvre un projet global dans le comté de Vihiga, au Kenya, de 2014 à 2023. Cette initiative visait à renforcer l’agriculture sensible à la nutrition dans le comté de Vihiga et à améliorer les moyens de subsistance des petits exploitants agricoles. Grâce à la promotion des légumes-feuilles traditionnels, le projet a permis d’améliorer de manière significative la diversité alimentaire. Notamment, les taux de retard de croissance ont chuté de 23,6 % en 2014 à 16,6 % en 2022. Par conséquent, la consommation d’aliments diversifiés et nutritifs a augmenté au sein des communautés ciblées.
Renforcer les systèmes de semences locaux
L’une des principales innovations du projet a été la création de 10 banques de semences communautaires (BSC). Ces banques ont joué un rôle crucial dans la préservation de l’agrobiodiversité locale et dans l’accès à des semences de qualité. À la fin du projet, les banques de semences communautaires avaient conservé et distribué plus de 50 variétés de plantes vivaces, de légumineuses et de céréales. Le projet a touché 250 membres d’organisations communautaires (OC) et a étendu la formation et les semences à 8 410 agriculteurs supplémentaires. Un pourcentage important de ces agriculteurs a adopté de nouvelles pratiques agroécologiques et a fait état d’une amélioration de leurs revenus et de leur régime alimentaire.
Renforcement des capacités et autonomisation des agriculteurs
Le projet s’est également concentré sur le renforcement des capacités par le biais du modèle de formation des formateurs. Ce modèle a permis aux agriculteurs champions et aux promoteurs de la santé communautaire de diffuser les connaissances et les meilleures pratiques au sein de leurs communautés. Plus de 1 000 agriculteurs ont ainsi bénéficié d’un apprentissage de pair à pair. En outre, le projet a encouragé l’agriculture régénératrice et les techniques d’agriculture biologique. Ces efforts ont permis d’augmenter le rendement des cultures et de réduire l’utilisation d’intrants synthétiques, améliorant ainsi la sécurité alimentaire et la résilience du système agricole.
Influence politique et coordination multisectorielle
Grâce à une participation active à des plateformes multipartites, le projet a contribué à l’élaboration de la politique nutritionnelle du comté de Vihiga et à la mise en place d’une politique agroécologique. Ces engagements politiques visaient à intégrer les interventions des acteurs non étatiques et à garantir leur durabilité. Les réussites du projet, comme celles d’Elizabeth Omusiele, de Consolata Lumati, de Joseck Mukuna et d’Evans Ochuto, illustrent l’impact transformateur de l’agriculture sensible à la nutrition dans le comté de Vihiga sur les moyens de subsistance individuels et la résilience de la communauté.
Cette étude de cas a fait l’objet d’une visite sur le terrain dans le cadre de la Route d’apprentissage “Semer la prospérité : comment l’agriculture sensible à la nutrition transforme l’Afrique”, ce qui a permis aux participants d’avoir un aperçu de première main de la mise en œuvre réussie et de l’impact du projet.






