Depuis sa création en 2011, l’Unité d’Attention et de Réparation Intégrale des Victimes (UARIV) met en œuvre la loi 1448, également connue sous le nom de loi sur les victimes et la restitution des terres. À travers cette politique publique, la réparation intégrale des victimes en Colombie est devenue un pilier central des efforts de paix. Le Registre Unique des Victimes (RUV), qui a identifié plus de 9,7 millions de victimes du conflit armé, est aujourd’hui reconnu comme l’un des systèmes les plus complets au monde pour la planification et la gestion des politiques publiques de réparation.
Réparation intégrale des victimes en Colombie
L’UARIV a été l’un des trois cas d’étude présentés dans le cadre de la Route d’Apprentissage : De la Colombie au monde – Leçons apprises et bonnes pratiques pour une construction de paix durable et inclusive, organisée par Procasur, l’OIM et le gouvernement colombien. Les délégations participantes ont pu découvrir les avancées du modèle colombien en matière de réparation individuelle, de réparation collective, de retours et réinstallations, ainsi que de prise en charge psychosociale avec une approche différentielle.
Composantes clés du modèle de l’UARIV
Le Registre Unique des Victimes (RUV) a permis d’identifier plus de 9,7 millions de personnes affectées par le conflit armé. Actualisé de manière dynamique, il constitue un outil fondamental pour planifier, prioriser et mettre en œuvre les mesures d’attention et de réparation sur l’ensemble du territoire. Le RUV est reconnu comme l’un des registres les plus complets à l’échelle internationale.
À ce jour, plus de 500 000 victimes ont bénéficié d’indemnisations dans le cadre du processus de réparation individuelle. Par ailleurs, 277 Plans Intégraux de Réparation Collective (PIRC) ont été élaborés pour des communautés touchées, notamment autochtones, afro-descendantes et paysannes. Ces plans combinent des actions symboliques, un accompagnement psychosocial et des mesures d’accès aux droits fondamentaux.
Plus de 400 000 personnes déplacées ont pu retourner dans leur lieu d’origine ou être réinstallées dans des conditions sûres. Le processus de retour est coordonné avec le SNARIV et les autorités locales. Un exemple emblématique est celui du corregimiento de La Victoria de San Isidro (département du Cesar), qui illustre un modèle de reconstruction du tissu social dans une zone fortement affectée.
Le Programme de soins psychosociaux et de santé intégrale pour les victimes (PAPSIVI) a permis d’accompagner plus de 240 000 personnes. Ce programme priorise les femmes, les enfants, les communautés ethniques et les personnes en situation de handicap. En 2024, la stratégie RAÍCES a étendu cette prise en charge aux victimes colombiennes résidant en Équateur et au Venezuela.
La participation des victimes est un pilier fondamental de la politique de réparation intégrale des victimes en Colombie. Grâce au Protocole de participation effective, des espaces ont été créés aux niveaux municipal, départemental et national, garantissant aux victimes la possibilité de contribuer à la conception et au suivi des politiques publiques. Ce droit a été reconnu par la Cour constitutionnelle comme essentiel à l’exercice de la justice transitionnelle.






